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Entrée de la prison de Dar Naïm. Mauritanie. Février 2008.
3 décembre 2008 / Amnesty
Ce document, intitulé Mauritanie. La torture au cœur de l'État, indique que les forces de sécurité du pays ont adopté la torture comme méthode d'enquête et de répression privilégiée.
Il décrit les méthodes utilisées et situe avec exactitude certains des centres de torture. Il fait aussi état de la collaboration d'agents marocains.
De nombreuses déclarations émanant de victimes de torture fournissent des informations précises sur les tortionnaires. Ces agissements n'ont jamais fait l'objet d'enquêtes et leurs auteurs n'ont jamais été déférés à la justice.
Le rapport est le fruit de deux missions de recherche effectuées par Amnesty International en Mauritanie en février-mars 2008 puis en juillet 2008. Les délégués envoyés sur place ont interviewé de nombreux prisonniers et détenus se trouvant dans les prisons de Dar Naïm à Nouakchott (la capitale) et de Nouadhibou (dans le nord-ouest du pays) ainsi que d'anciens détenus.
« La torture est utilisée contre toutes les catégories de détenus en Mauritanie, qu'il s'agisse de personnes soupçonnées d'être des islamistes, de soldats accusés de participation à une tentative de coup d'État ou de prisonniers de droit commun », a déclaré Gaëtan Mootoo, responsable des recherches sur la Mauritanie à Amnesty International, qui a dirigé les investigations et revient à peine du pays.
Les actes de torture sont répétés de manière successive jusqu'à ce que le détenu « avoue ». Ils sont généralement pratiqués la nuit et accompagnés d'un « rituel ». Parmi les sévices infligés figurent les brûlures de cigarette, les décharges électriques, la violence sexuelle, les poils arrachés et la technique dite du « jaguar » – qui consiste à attacher les mains et les pieds d'un détenu, qui est ensuite suspendu à une barre de fer puis frappé et torturé dans cette position.
Les auteurs de ces actes de torture et de mauvais traitements incluent aussi bien des policiers et des militaires que des gardiens de prison. Des agents de sécurité marocains ont parfois participé aux interrogatoires et à la torture, en particulier dans le cadre d'enquêtes sur des actes de terrorisme.
Parmi les lieux où l'on torture figurent : la première compagnie de police (en face du bâtiment de l'Organisation mondiale de la Santé ; l'école de police de Nouakchott ; des casernes de gendarmerie ; le siège de l'état-major de l'armée et des locaux de la marine.
Amnesty International pose également dans ce rapport la question de la présence d'agents marocains en Mauritanie. L'organisation n'a pas pu identifier le fondement juridique de leur présence. Un prisonnier a déclaré à Amnesty International que les agents marocains étaient plus violents que leurs collègues mauritaniens.
Les conditions carcérales en elles-mêmes s'apparentent souvent à un traitement cruel, inhumain et dégradant.
Des délégués d'Amnesty International s'étant rendus à la prison de Dar Naïm plus tôt dans l'année ont assisté au spectacle déplorable de dizaines d'hommes serrés les uns contre les autres dans leur cellule, par une chaleur étouffante. Ces détenus ne peuvent quasiment jamais quitter leur geôle ni accéder à l'air libre, souvent pendant des mois, parfois pendant des années.
« Dans certaines prisons, on ne pouvait même pas entrer dans les cellules tellement il y avait de détenus à l'intérieur, a déclaré Gaëtan Mootoo. La puanteur régnant dans ces cellules infestées de vermine et en particulier de puces était indescriptible. »
Des détenus ont été menacés avant une des visites des délégués d'Amnesty International. L'un d'entre eux a déclaré : « Quand nous avons été informés de la visite d'Amnesty International, les gardes nous ont menacés. Ils nous ont dit que nous pouvons tout dire mais que nous allons le regretter car les gens d'Amnesty allaient partir et nous les détenus, nous allons rester avec eux. »
Policiers et magistrats considèrent presque toujours comme des éléments de preuve admissibles les déclarations arrachées sous la torture et s'appuient sur ces « aveux » pour condamner des prévenus en l'absence, bien souvent, de toute autre preuve matérielle.
« Les tortionnaires peuvent se livrer à leurs exactions en toute tranquillité sachant que la justice fermera les yeux sur ces violences, a déclaré Gaëtan Mootoo. Cette attitude de la justice est scandaleuse. »
Le recours systématique à la torture est une séquelle de décennies de régime autoritaire en Mauritanie. Depuis 2005, le pays a connu deux coups d'État militaires ; le plus récent, en août 2008, a conduit à l'arrestation du président élu démocratiquement et du Premier ministre. Le président est toujours en résidence surveillée tandis que le Premier ministre a été transféré dans une prison près de Nouakchott.
Le nouveau gouvernement militaire a déclaré qu'il organiserait des élections libres et transparentes « dans les plus brefs délais ». Aucune date n'a encore été fixée pour ce scrutin.
L'Union africaine a suspendu la qualité de membre de la Mauritanie et plusieurs pays, dont les États-Unis et la France, ont gelé leurs aides non humanitaires à ce pays.
Plusieurs manifestations pacifiques ont eu lieu en Mauritanie pour réclamer la libération du président et le rétablissement de l'ordre constitutionnel. Plusieurs de ces manifestations ont été dispersées par la force au début du mois d'octobre 2008. Cette répression faisait suite à la décision prise le 30 septembre par le gouverneur de Nouakchott de suspendre « toutes les manifestations à caractère politique devant être organisées sur la voie publique […] jusqu'à nouvel ordre ».
Dans les années 1960, quelque 80 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde. C’était l’apogée du capitalisme industriel et les entreprises transnationales se disséminaient sur toute la planète afin de dominer les marchés et exploiter la main-d’œuvre « bon marché » et les ressources naturelles des pays de la périphérie.
mardi 2 décembre 2008 par Joao Pedro STEDILE / Alternatives
C’est dans ce contexte qu’a été lancée la Révolution verte, qui promettait d’en finir avec la faim. Son mentor, Norman Borlaug (Etats-Unis), a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1970. Le véritable objectif était d’introduire une nouvelle matrice productiviste dans l’agriculture afin d’accroître l’utilisation intensive des intrants (engrais, pesticides, etc.) industriels. La productivité par hectare a augmenté et la production mondiale a quadruplé. Mais le nombre de personnes souffrant de faim a décuplé, passant de 80 à 800 millions.
Actuellement 70 pays dépendent des importations pour nourrir leurs populations. Ce qui démontre que le nouveau modèle d’agriculture a servi à concentrer la production et le commerce agricole mondial d’aliments dans les mains de moins de trente transnationales : Bunge (siège dans l’Etat de New-York), Cargill (siège dans le Minnesota, Etats-Unis), ADM (Archer Daniels Midland Company,siège dans l’Illinois, Etats-Unis), Dreyfuss (Louis Dreyfuss, France), Monsanto (Etats-Unis), Syngenta (Suisse), Bayer (Allemagne), Basf (Allemagne), Nestlé (Suisse), etc.
Une mauvaise nouvelle, tombée récemment, nous informe que selon les estimations actuelles, les réserves de pétrole, source d’énergie dominante dans le monde contemporain, ne dureront pas plus de 30 ans. Une autre évaluation inquiétante nous prévient que le réchauffement climatique global progresse.
Devant cette perspective, une alliance perverse a été conclue entre les entreprises pétrolières, celles de la construction automobile et les firmes agro-industrielles, afin de produire à grande échelle des agro-combustibles (frauduleusement appelés bio-combustibles) comme l’éthanol dans des pays ayant de la terre, du soleil, de l’eau et de la main-d’œuvre « bon marché » en abondance.
Au cours de cinq dernières années, des millions d’hectares jadis consacrés à l’alimentation et contrôlés par des paysans, ont été conquis par de grandes firmes et utilisés pour y développer des monocultures de canne à sucre, de soja, de maïs, de palme africaine ou de tournesol destinés à la production d’éthanol ou d’huiles végétales.
Ils sont en train de répéter la manipulation de la Révolution verte. Dans ce cas, comme le prix de l’éthanol est lié au prix du pétrole, le taux moyen de profit de l’agriculture augmente et entraîne une augmentation des prix alimentaires.
Néanmoins les agro-combustibles ne vont pas résoudre le dilemme de l’énergie, ni celui du réchauffement global. Les scientifiques nous avertissent que pour remplacer seulement 20% de tout le pétrole que le monde consomme actuellement nous devrions utiliser toutes les terres fertiles de la planète.
La situation de la production et les prix des aliments étaient déjà aberrants lorsqu’est survenue la crise du capital financier. Beaucoup de détenteurs de vastes sommes de capital financier, soit sous forme monétaire, soit sous forme de capital fictif (des obligations aux produits dérivés), craignant de devoir faire face à des pertes, se sont dépêchés d’investir dans des produits spéculatifs (marché à terme des biens alimentaires) et d’acheter des biens naturels – terre, énergie, eau – dans les pays périphériques.
Suite à ces mouvements de capitaux, les cours des produits agricoles dans le monde entier ne sont plus en rapport avec les coûts de production, ni même avec les volumes de l’offre et de la demande. Maintenant, ils oscillent rapidement au rythme des spéculations boursières et du contrôle oligopolistique qu’exercent les entreprises transnationales sur le marché international des produits alimentaires. Autrement dit, l’humanité est entre les mains d’une poignée de transnationales et de gros spéculateurs.
Résultat : selon la FAO (Food and Agriculture Organization), le nombre d’affamés augmente à nouveau. Au cours des deux dernières années, ils ont passé de 800 à 925 millions. Et des millions de paysans en Asie, en Amérique latine et en Afrique, sont en train de perdre leurs terres et d’émigrer.
Devant cette nouvelle situation, Via Campesina, qui réunit des dizaines d’organisations paysannes dans le monde entier, exige une transformation radicale du système de production et du commerce des biens alimentaires. Nous défendons le principe de la souveraineté alimentaire : dans chaque région et dans chaque pays, les gouvernements doivent appliquer des politiques publiques visant à stimuler et à garantir la production et l’accès à tous les aliments nécessaires pour leurs populations respectives.
Il n’existe aucune région au monde qui n’ait pas en puissance la capacité de produire sa propre alimentation. Comme l’a expliqué Josué de Castro (1908-1973) – l’auteur de Géopolitique de la Faim, publié en 1951 – la faim et le manque d’aliments ne proviennent pas d’une condition géographique ou climatique, mais résultent des rapports sociaux de production.
Nous affirmons que l’humanité doit considérer l’alimentation comme un droit naturel de tout être humain. Ceci implique que les produits agricoles ne doivent pas être traités comme des marchandises dont la finalité est le profit des firmes et qu’il faut stimuler et soutenir les petits agriculteurs, puisque c’est là la seule politique qui peut maintenir la population dans des zones rurales. Et comme l’objectif est d’obtenir des aliments sains et sûrs, nous excluons, bien entendu, l’utilisation de produits agrotoxiques.
Jusqu’à maintenant ceux qui gouvernent ont fait la sourde oreille à nos revendications. Toutefois à moins que des changements radicaux soient mis en œuvre, les contradictions et les problèmes sociaux vont s’aggraver et, tôt ou tard, ils éclateront.
* Mis en ligne en français le 25 novembre 2008 par A L’encontre, www.alencontre.org. Traduction A l’Encontre.
* Joao Pedro Stedile, dirigeant du Mouvement de Paysans sans Terre (MST) du Brésil et de Via Campesina internationale.
http://basta.20six.fr/basta/art/132105399
Les médias et les politiciens républicains et démocrates lui ont attribué le mérite d'empêcher la guerre désastreuse de l'impérialisme américain de devenir un autre Vietnam, c'est-à-dire une défaite honteuse.
Pendant la campagne électorale, John McCain, un des premiers défenseurs du « sursaut », a essayé de profiter de son prétendu succès, autant qu'il l'a pu, proclamant que cela confirmait ses propres intuitions et connaissances militaires. Obama, qui a essayé d'exploiter l'impopularité massive de la guerre en se présentant comme un opposant de la première heure (malgré le fait qu'il ait voté tous les crédits de guerre), a néanmoins changé de cap pour louer les résultats du sursaut, disant même à Bill O'Reilley de Fox News que « le sursaut a réussi au-delà de nos rêves les plus fous ». Maintenant, les militaires américains annoncent qu'ils prévoient un autre « sursaut » en Afghanistan. Et là aussi, ils sont applaudis avec enthousiasme par les médias, et naturellement par les Démocrates et les Républicains, dont beaucoup qualifient la guerre d'Afghanistan de « guerre juste ».
L'Irak : un désastre déguisé en succès
Bien entendu, toutes les déclarations sur le succès du sursaut en Irak ne font que montrer le cynisme et la dépravation des politiciens américains et des médias. Au début de l'année 2008, le renforcement des troupes américaines en Irak a augmenté leur nombre de 30 000. Ces troupes n'ont pas, contrairement à ce qu'on avait annoncé, amélioré la sécurité dans des zones ciblées de l'Irak. Au contraire, les troupes américaines ont procédé à une énorme intensification de la guerre contre le peuple irakien, et elles ont soutenu massivement les nettoyages ethniques et religieux. À Bagdad, les troupes américaines et leurs alliés irakiens ont bombardé et détruit des quartiers entiers, tuant des milliers de personnes et forçant des centaines de milliers à fuir. Les réfugiés de Bagdad ont rejoint un flot humain qui représente aujourd'hui un sixième de la population irakienne, soit près de cinq millions de personnes. Bagdad a été divisée et séparée par d'énormes hauts murs en enclaves sunnites et chiites, qui sont patrouillées par une police meurtrière, des bandes armées et des troupes féroces. En d'autres termes, Bagdad a été saignée à blanc... puis transformée en une prison.
La guerre s'est intensifiée dans d'autres parties du pays, plus particulièrement au sud autour de Bassora. En mars dernier, les militaires américains ont soutenu la désastreuse offensive lancée par l'armée irakienne contre une milice chiite rivale, l'Armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr. L'armée irakienne est dominée par la milice Badr, l'aile militaire du parti chiite ISCI (Conseil islamique suprême d'Irak, autrefois appelé SCIRI). La bataille entre les deux rivales a fait tant de ravages que les Américains ont dû faire appel à des médiateurs iraniens pour négocier un cessez-le-feu temporaire.
Les autorités américaines présentent souvent la province d'Anbar comme la preuve du prétendu succès du sursaut. Anbar est au cœur de ce que les Américains appellent le triangle sunnite, c'est-à-dire de l'insurrection contre les Américains provenant de villes comme Ramadi et Faludja. Aujourd'hui, les Américains proclament que ces villes sont si tranquilles et si pacifiques que les militaires américains peuvent réduire en grande partie la présence de troupes. Ce que les autorités américaines ne disent pas, c'est que les Américains ont réduit ces villes à des décombres après des années et des années de guerre intensive. En d'autres termes, elles sont calmes... comme un cimetière.
Les Américains attribuent également au Mouvement du Réveil sunnite le mérite d'avoir contribué à la sécurité et de s'être opposé à l'insurrection. En fait, le Mouvement du Réveil n'est rien de plus que des bandes armées, formées d'environ 100 000 anciens baasistes, anciens officiers de Saddam Hussein et insurgés de la résistance irakienne de 2003-2007. Les Américains paient chaque membre de la milice armée 300 dollars par mois pour patrouiller les province d'Anbar, de Salahuddin, de Dyala et la plupart des quartiers sunnites de l'ouest de Bagdad. Ils leur ont promis qu'après la fin des paiements américains en septembre, un cinquième des hommes servant dans le Mouvement du Réveil serait intégré dans l'appareil d'État irakien.
C'était censé faire partie des efforts faits pour que tous les protagonistes résolvent pacifiquement leurs conflits et pour rendre l'État et le gouvernement irakiens - qui aujourd'hui sont dominés par le parti chiite, l'ISCI et sa milice Badr - plus ouverts, en y faisant entrer des milices et des partis rivaux, y compris le parti d'al-Sadr et les partis sunnites. Des élections provinciales devaient être organisées à une autre étape du processus de réconciliation pacifique. Ces élections étaient initialement prévues pour octobre, mais elles ont été reportées, une fois de plus, à janvier 2009 - c'est-à-dire, après les élections présidentielles américaines. Les promesses de réconciliation se sont vite révélées complètement creuses. La police irakienne et les escadrons de la mort liés à l'ISCI et à la milice Badr ont intensifié leurs efforts pour consolider leur contrôle exclusif sur l'appareil d'État et sur le gouvernement en visant les chefs des factions et des partis rivaux.
Pratiquement aucun membre du mouvement du Réveil sunnite n'a été recruté dans l'appareil d'État. Mais de nombreux chefs ont été assassinés et une liste a été dressée pour en arrêter six cents autres. En même temps, un éminent membre du Parlement irakien fidèle à Moqtada al-Sadr a été tué dans un attentat soigneusement planifié.
Pendant les derniers mois, il y a sans doute eu moins de spectaculaires attentats-suicides ou à la voiture piégée. Mais il y a eu plus de tués par des snipers et des bombes magnétiques faciles à fixer aux voitures des victimes et actionnées au moment choisi par l'assassin.
Les autorités américaines ont, de temps en temps, condamné publiquement cette nouvelle vague d'assassinats et d'arrestations. Mais dans la coulisse, elles continuent à travailler avec l'État irakien dominé par l'ISCI et la milice Badr, menaçant de violences encore pires si un des groupes visés essaie de riposter, et tenant ainsi ces groupes en respect.
Irak : une guerre sans fin
Le pays continue d'être agité par la violence et les conflits ethniques. À Mossoul, au nord de Bagdad, la milice kurde a mené une campagne de terreur contre la minorité chrétienne, assassinant une douzaine de chrétiens, mettant le feu à leurs maisons et provoquant l'exode de la ville de milliers de chrétiens. Au nord, dans la ville de Kirkouk, une importante région productrice de pétrole, la compétition est vive. À Kirkouk, il y a un mélange de différentes ethnies et confessions, comprenant des Kurdes, des sunnites et des Turkomans. Sous Saddam Hussein, des sunnites avaient été envoyés remplacer les Kurdes pour servir de base de soutien à Saddam. Depuis 2003, les autorités kurdes ont encouragé les Kurdes à revenir à Kirkouk pour remplacer les sunnites. Il y a ainsi un conflit sans fin sur la question de qui vit où, accompagné d'assassinats et d'attentats à la bombe. Cette situation est si explosive que les politiciens irakiens sont d'accord pour reporter les élections provinciales à venir à Kirkouk, craignant qu'une bataille électorale ne dégénère en une guerre civile ouverte.
De plus, les militaires turcs ont régulièrement mené des incursions dans la partie nord de l'Irak. Sous le prétexte de combattre la guérilla séparatiste kurde, le gouvernement turc essaie de se positionner pour mettre la main sur une partie des richesses pétrolières irakiennes.
L'Irak est toujours si dangereux que pratiquement aucun des cinq millions de réfugiés ne s'est senti suffisamment en sécurité pour revenir, malgré la dureté de la condition de réfugié. Les rares à être revenus ont été le plus souvent confrontés à la violente hostilité d'un gang ou d'un autre, qui leur laisse le choix habituel : partir ou mourir. Sans aucun doute, les quartiers et les villes mixtes, où des gens de différentes origines ethniques vivaient et se mariaient ensemble, font partie du passé. La violence terrible de ces dernières années a permis aux compagnies pétrolières américaines d'avoir les mains libres pour exploiter les vastes richesses pétrolières du pays, quand l'opportunité se présentera enfin. Pendant ce temps, les Irakiens ordinaires sont abandonnés à eux-mêmes dans les plus infernales conditions : peu ou pas d'électricité, eaux usées et détritus en putréfaction partout, peu ou pas d'accès à l'eau potable, plusieurs épidémies de choléra l'année dernière, pas de soins médicaux, pas de travail... rien.
En fait, la seule question vraiment débattue dans l'appareil d'État américain est combien de troupes laisser en Irak pour garder et assurer le contrôle américain.
Selon des fuites du dernier « National Intelligence analysis » américain, un document très attendu, produit par 16 agences de renseignement et qui n'est pas destiné à une publication officielle avant les élections - le niveau des troupes américaines, qui atteint actuellement 146 000, devrait rester comparable dans le futur proche, en raison de l'aspect explosif de la situation. En septembre, le président Bush a confirmé qu'il ne diminuerait pas le nombre des troupes américaines en Irak avant la fin de son mandat.
Néanmoins une autre guerre est en route, même si cela pèse sur l'armée. Démocrates et Républicains parlent les uns comme les autres d'intensifier la guerre en Afghanistan. Obama et McCain se sont même servis de leur campagne présidentielle pour préparer la population américaine à une forte augmentation des troupes en Afghanistan. Obama dit couramment qu'il considère l'Afghanistan comme sa priorité, ce qu'il appelle « le front principal de la guerre contre le terrorisme ». Et il ajoute : « Nous avons besoin de plus de troupes là-bas. Nous avons besoin de plus de ressources... C'est une guerre que nous devons gagner ». Selon McCain, « le statu quo est inacceptable. La sécurité en Afghanistan s'est détériorée et nos ennemis ont pris l'offensive ». En fait, dès août 2007, Obama avait franchi une sorte de Rubicon verbal en disant qu'il était également prêt à envoyer des troupes américaines au Pakistan, s'il obtenait ce qu'il a appelé des « informations justifiant une poursuite ». En d'autres termes, en qualifiant le « sursaut » américain en Irak de succès, les deux candidats disent qu'une fois président, ils feront une guerre plus importante en Afghanistan et même au Pakistan.
Afghanistan : le deuxième front
En Afghanistan, les Américains ont été confrontés à une insurrection croissante des talibans et de leurs alliés. Depuis 2006, les talibans basés au cœur du pays pashtoun au sud des montagnes de l'Hindu Kuch, ont étendu leur insurrection à l'ouest, au nord et au nord-ouest du pays, où ils ont obtenu l'appui d'autres minorités ethniques qui ne les soutenaient pas auparavant.
Au fur et à mesure que leurs forces augmentaient, les insurgés talibans ont pu aller au-delà de la tactique classique de l'attaque éclair de la guérilla et soutenir des combats importants avec des centaines et même des milliers de combattants. Cet été, les talibans ont mené une de leurs attaques les plus spectaculaires. En juillet, une importante force de combattants talibans a lancé une attaque audacieuse sur une base américaine éloignée dans la province de Kunar, près de la frontière pakistanaise. Neuf soldats américains ont été tués. Cette attaque suivait une autre tentative audacieuse de menacer une grande ville du sud, Kandahar. Les officiers de l'OTAN en Afghanistan ont commencé à comparer l'intensité des combats à ceux de la guerre de Corée.
L'insurrection a pu atteindre les faubourgs de la capitale, Kaboul. En raison de l'importante concentration de troupes étrangères à Kaboul, il est douteux que l'insurrection puisse rapidement la conquérir. Mais les talibans ont pu organiser plusieurs attaques démontrant ce dont ils étaient capables dans la ville, y compris le bombardement de l'ambassade indienne et l'attaque d'une tribune de revue de troupes dans laquelle était assis le président Karzaï.
Les Américains et leurs alliés de l'OTAN ont répondu à la poussée des talibans en renforçant les effectifs militaires. Les Américains sont passés de 20 000 à 33 000 soldats en deux ans et les autres pays de l'OTAN ont augmenté leurs effectifs de 20 000 à 37 000. Néanmoins, pour l'occupation militaire d'un pays de la taille de l'Afghanistan, cette force serait loin d'être suffisante. Il suffit de comparer avec l'Irak où il y a eu près de 200 000 soldats américains pendant le sursaut. De plus, l'Afghanistan est un pays dont la superficie est de 50 % supérieure à celle de l'Irak, et dont la population compte cinq millions d'habitants de plus. D'autres facteurs, comme le terrain beaucoup plus accidenté de l'Afghanistan avec une population rurale disséminée, posent aussi de gros problèmes aux Américains affrontant la montée en puissance de l'insurrection des talibans.
Comme d'habitude, les Américains et l'OTAN ont compensé leur faiblesse militaire sur le terrain en intensifiant la guerre dans les airs. En 2006, les frappes aériennes américaines et les bombardements ont été dix fois plus nombreux que l'année précédente. En 2007, les frappes aériennes ont presque doublé de nouveau. En même temps, les forces américaines et de l'OTAN ont intensifié les fouilles et les rafles de maison en maison sur une grande échelle.
Ces interventions brutales ont eu le résultat habituel. Au cours des quinze derniers mois, plus de civils ont été tués que pendant les quatre années précédentes. Et cela a fortement accru la colère et la haine des populations afghanes contre les forces d'occupation américaines et de l'OTAN - fournissant un réservoir grandissant de recrues pour l'insurrection talibane.
Un fief des Etats-Unis
La haine générale envers le gouvernement afghan, extrêmement corrompu et faible, dirigé par Hamid Karzaï, le président choisi par les Américains, a aussi contribué au renforcement des talibans. La plupart des ministères de Karzaï sont tenus par des seigneurs de guerre qui ont découpé le pays en fiefs privés. Son gouvernement, comme les talibans dans leurs zones, impose la charia, la loi islamique fondamentaliste. La cour suprême de Karzaï est un héritage direct des talibans.
Le gouvernement afghan n'est que la marionnette des États-Unis. Les principales décisions sur la marche du pays, à commencer par les finances du gouvernement, émanent ouvertement d'institutions basées à Washington. Les Américains décident qui dirige le pays, ce qu'est le budget du gouvernement et comment il est dépensé. « L'équivalent le plus proche, ce sont ces parties de l'Afrique coloniale où les États européens suscitaient des chefs auxquels ils attribuaient une autorité presque autocratique sur leurs sujets, mais dont le pouvoir n'était jamais assez grand pour aller contre les buts politiques de leurs protecteurs étrangers », écrivent Atiq Sarwari et Robert Cruise, deux spécialistes de l'Afghanistan vivant aux États-Unis.
Les États-Unis et le gouvernement Karzaï ont réussi à rendre l'Afghanistan, déjà un des pays les plus pauvres de la planète avant qu'ils s'en emparent, encore plus pauvre. L'Afghanistan est maintenant classé par les Nations Unies comme le cinquième pays le moins avancé du monde, perdant une place par rapport à 2004. Au moins la moitié de l'économie repose de nouveau sur la production de l'opium.
En d'autres termes, l'Afghanistan est maintenant une économie de monoculture, avec deux plaies qui s'additionnent, une addiction à l'héroïne qui grimpe en flèche et le sida. Bien sûr, tout comme dans les autres États clients des États-Unis, tels la Colombie et le Mexique, des personnalités importantes du gouvernement afghan profitent beaucoup du trafic de drogue, tandis que les efforts américains pour éradiquer la drogue ne sont qu'une couverture pour mener la guerre non seulement contre les insurgés, mais surtout contre l'ensemble de la population. L'autre moteur économique principal est le commerce des armes, étant donné l'énorme présence militaire dans le pays.
Il n'y a aucune aide pour la population. Washington dépense environ 36 milliards de dollars par an pour cette guerre. Seuls cinq centimes par dollar sont actuellement réservés à l'aide et c'est à peine un centime qui arrive jusqu'à la population, alors que 40 % de cette aide sont absorbés par les profits et les salaires. C'est pourquoi la plupart des gens ne voient dans les organisations d'aide qu'un mécanisme pour obtenir de l'argent qui ne sert qu'à payer leur propre fonctionnement.
Kaboul elle-même est dans un état lamentable. Il y a l'électricité et l'eau courante au centre de la ville où résident le gouvernement, les bureaux des autorités militaires américaines et internationales et diverses organisations d'aide avec les habitations et les commerces pour leur personnel. Mais les Afghans pauvres vivent dans des cages à lapins délabrées, sans électricité et souvent sans accès à l'eau potable. Kaboul, ville construite pour 800 000 personnes, en abrite maintenant plus de quatre millions, pour la plupart entassées dans des constructions de fortune et dans des taudis de squatters. Il y a d'énormes cratères de bombes dus à des décennies de guerre.
Les conditions de vie sont déplorables. On estime le chômage à 80 % dans certaines parties du pays. Plus de 42 % de la population afghane vit dans une extrême pauvreté et le revenu moyen d'une famille afghane est d'environ 10 dollars par mois. Étant donné la hausse vertigineuse des prix de la nourriture et du pétrole cette année, la moitié de la population est incapable d'acheter la nourriture nécessaire pour garantir un niveau de santé minimum, selon l'institut Brookings. On rapporte que des parents vendent leurs enfants simplement pour joindre les deux bouts. Au printemps dernier, dans un district d'une province du Sud, les choses allaient si mal que les villageois ont commencé à manger de l'herbe. Oxfam a prévenu que cet hiver la faim pourrait tuer jusqu'à 80 % de la population dans certaines provinces du nord frappées d'une très sévère sécheresse. La situation des femmes est particulièrement terrible. Après la Sierra Leone, l'Afghanistan a le plus haut taux de mortalité maternelle du monde.
Pris au piège
Habituellement, la presse explique le renforcement des talibans par l'aide étrangère - des djihadistes étrangers, de leurs soutiens au Pakistan et dans d'autres pays - et leur implication dans le commerce de l'opium. Néanmoins, ces facteurs seuls n'auraient pu faire des talibans autre chose que des pillards transfrontaliers. La guerre américaine, la répression et les conditions économiques et sociales absolument barbares, voilà ce qui, plus que tout, a poussé la population afghane vers les talibans, renforçant le soutien qu'ils ont dans le pays.
Ce renforcement se traduit aussi dans le fait que l'insurrection talibane attire cette catégorie de seigneurs de guerre qui ont une longue histoire de changement de camp dans leur quête du pouvoir. Cela inclut les forces de Gulbuddin Hekmatyar et de Jalaluddin Haqqani, et de son fils Sirajuddin. Hekmatyar, par exemple, est un ancien favori de la CIA. Quand il a perdu le pouvoir au début des années quatre-vingt-dix, il a bombardé la ville de Kaboul pendant quatre ans. En d'autres termes, la population afghane est prise au piège, entre la dictature de l'impérialisme américain, avec le gouvernement vénal et corrompu de Karzaï, et les talibans, qui sans aucun doute imposeraient la même sorte de régime despotique qu'auparavant.
Une guerre qui s'étend
En intensifiant la guerre en Afghanistan, les militaires américains ont traversé la poreuse frontière vers les zones tribales du Pakistan voisin. Leurs attaques contre les zones tribales ont commencé par des attaques aériennes avec des hélicoptères, des missiles, des avions et des drones. Cet été, des unités de commando américaines ont organisé au Pakistan des raids et des assassinats. En juillet, l'administration Bush a confirmé qu'elle avait donné le feu vert à l'armée pour entrer au Pakistan. Avec l'utilisation par l'impérialisme américain des mêmes méthodes au Pakistan qu'en Afghanistan, on risque d'obtenir le même résultat. En assassinant des civils, en leur infligeant la destruction gratuite de leurs villages, en en forçant des centaines de milliers d'entre eux à devenir des réfugiés, les incursions impérialistes américaines au Pakistan ne peuvent que provoquer plus de haine. Au lieu d'affaiblir l'insurrection, l'impérialisme américain risque fort de la propager - tout d'abord dans les zones tribales à la frontière de l'Afghanistan, puis dans d'autres régions du Pakistan.
Le Pakistan est déjà un baril de poudre. Le régime pakistanais despotique et corrompu, qui a été un des principaux bastions du soutien à l'impérialisme américain en Asie centrale pendant au moins les trois dernières décennies, est devenu de plus en plus parasitaire, imposant une pauvreté grandissante, une économie et des infrastructures en ruine à la grande masse des pauvres. Les attaques américaines sur les régions frontalières du Pakistan risquent de discréditer ce régime encore plus, rendant furieuses d'autres parties de la population, donc augmentant les risques d'une plus grande explosion sociale et d'une guerre plus importante au Pakistan, un pays de 170 millions d'habitants.
Cette extension de la guerre, de l'Irak à l'Afghanistan et à des parties du Pakistan, rappelle ce que les Américains ont fait, dans des circonstances historiques différentes, en Asie du Sud-est, il y a quarante ans. En poursuivant le Front de libération national vietnamien dans les pays voisins, le Laos et le Cambodge, l'impérialisme américain n'a fait que semer la guerre et la destruction.
Les États-unis ne sont pas au bout de leurs guerres au Moyen-Orient et en Asie centrale. Les guerres s'étendent. Tout comme la bourgeoisie américaine entraîne le monde dans la plus grande crise économique et financière depuis la Grande Dépression, elle alimente, au Moyen-Orient et en Asie centrale, une guerre régionale qui pourrait se généraliser.
15 octobre 2008 - Union Communiste Internationaliste - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.union-communiste.org/?FR...
Décrétée "entité hostile" par Israël à la suite du coup de force du Hamas contre l'Autorité palestinienne, la Bande de Gaza subit depuis juin 2007 un blocus quasi total. La population palestinienne, maintenue sous haute surveillance satellitaire, est encerclée sur son territoire de 360 km2 par des clôtures de grillages et de barbelés.

Blocus de Gaza
La République des Lettres, dimanche 30 novembre 2008
Tous les points de passages et toutes les sources régulières d'approvisionnement sont verrouillés par Tsahal, l'armé israélienne. L'administration locale est placée sous un strict embargo financier et les banques paralysées. Les habitants ne reçoivent presque aucun produit de première nécessité. Les médicaments, les carburants, les aliments, plus rien ne passe. Les stations de pompage d'eau ou de production d'électricité, les hopitaux, les maternités, les écoles, et d'une façon générale tous les services les plus indispensables à la vie quotidienne sont bloqués.
La ville de Gaza, où vivent près de 500.000 personnes, est régulièrement plongée dans le noir suite à l'arrêt forcé de la centrale électrique. Moins de 200 petites entreprises peuvent encore travailler, au ralenti, sur les 3.900 qui étaient en activité avant le blocus de la Bande de Gaza. L'agriculture, secteur vital de l'économie locale, est réduite à néant par les interdictions d'exporter et par les pénuries de matières premières nécessaires aux exploitations agricoles. Le secteur de la pêche est aussi paralysé. Dans l'immmobilier, tous les programmes, y compris ceux des Nations unies (aménagement du réseau routier et de la voirie, constructions d'hôpitaux et d'établissements scolaires, etc) sont stoppés. Plusieurs centaines de médicaments de base manquent dans les dispensaires. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le manque de médicaments, auquel on ajoute l'interdiction de quitter le territoire pour aller se soigner en Egypte ou en Jordanie, a provoqué directement 270 décès. Les services municipaux d'hygiène (adductions d'eau, égoûts, traitement des déchets, ramassage des ordures, etc) sont hors service faute d'électricité, de carburants et de pièces de rechange. Même les convois d'aide humanitaire de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) sont empêchés de livrer leurs cargaisons d'aliments pourtant indispensables à cette population affamée réduite à l'état de sous-existence humaine. Quant aux journalistes ou parlementaires étrangers souhaitant se rendre compte de la situation dans la Bande de Gaza, ils sont tout simplement refoulés par Israël aux postes frontières (pour la petite histoire, le Consul de France à Jérusalem, Alain Rémy, est lui-même interdit de visite de la Bande de Gaza, ce qui ne suscite aucun commentaire ou protestation de la part de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner alors qu'on imagine l'incident diplomatique majeur en pareil cas pour tout autre pays qu'Israël se permettant un tel affront). Contrairement aux conventions dans lesquels l'état israélien est engagé devant les organisations internationales, toute tentative d'aide ou de communication avec ce territoire palestinien est ainsi rendue impossible.
Malgré le cessez-le-feu signé en juin dernier entre le Hamas et le gouvernement israélien sous l'égide de l'Egypte, des bombardements continuent à intervalles réguliers de terroriser la population civile sous divers prétextes d'atteinte à la sécurité d'Israël, entraînant à chaque fois de nombreux morts et blessés, y compris femmes et enfants. Les assassinats ciblés -- considérés comme des crimes de guerre par la communauté internationale -- se poursuivent en outre contre les militants du Hamas. Plusieurs bâtiments administratifs officiels du pouvoir islamique, comme entre autres le ministère de l'intérieur et un poste de police maritime, mais aussi des centaines d'habitations civiles, ont été détruits par des missiles israéliens.
Selon plusieurs rapports officiels de la Banque mondiale et de l'ONU les pertes directes ainsi causées par le blocus de la Bande de Gaza s'élèvent en 18 mois à plus de 650 millions de dollars. 80% de la population gazaouie se retrouve sans emploi et vit désormais en dessous du seuil de pauvreté avec moins de deux dollars de revenu moyen par jour et par habitant. Le taux de mortalité, en particulier infantile, est devenu l'un des plus élevés au monde selon l'OMS.
Plus globalement sur l'ensemble des territoires palestiniens depuis le second soulèvement populaire (l'Intifada Al-Aqsa en 2000), plus de 6.000 palestiniens ont été tués lors de raids militaires israéliens, dont plus d'un millier dans la seule Bande de Gaza depuis juin 2007. Depuis la Conférence d'Annapolis en novembre 2007, censée aboutir au réglement du conflit avant la fin du mandat de George W. Bush, quelque 200 Palestiniens ont été tués lors d'opérations de l'armée israélienne. Un millier d'autres ont été arrêtés et emprisonnés sans aucun procès, plusieurs centaines de maisons ont été arbitrairement démolies, la population des colonies juives illégales a augmenté de 4,5% et plus de 600 barrages empêchent la libre circulation des palestiniens sur leurs propres territoires. En Cisjordanie, les colons israéliens attaquent régulièrement et très violemment, en toute impunité, les paysans sur leurs terres dont ils détruisent les plantations.
Devant la crise humanitaire majeure de la Bande de Gaza, la plus grave depuis 1967, plusieurs représentants d'organisations internationales réclament vainement la fin du blocus et l'arrêt des opérations militaires. Pour l'UNRWA, empêchée de fournir l'aide humanitaire, "la fermeture de Gaza est une punition tant physique que mentale de la population". John Dugard, expert indépendant nommé rapporteur des Nations Unies pour les droits de l'Homme dans les territoires occupés, dénonce lui les crimes de guerre d'Israël qui opère selui lui une "punition collective" et ne distingue aucunement les cibles militaires des civiles, ajoutant que "les responsables d'actes aussi lâches se rendent coupables de graves crimes de guerre". Navi Pillay, haut-commissaire aux droits de l'homme aux Nations Unies, a également exhorté Israël à mettre un terme au blocus, déclarant que les Gazaouis étaient "privés par la force de leurs droits humains fondamentaux depuis des mois". Pour John Ging, directeur opérationnel de l'UNWRA, Israël cherche à "enlever toute dignité humaine" aux Gazaouis. Plusieurs responsables palestiniens estiment quant à eux que l'on assiste à un véritable "génocide".
L'atrocité du blocus de la Bande de Gaza est justifiée par l'Etat hébreu comme des "représailles" au nom d'un "droit légitime à la sécurité". Pour Israël, qui récuse toute accusation de crimes, ce blocus est une réponse aux roquettes artisanales tirées en direction du Sud d'Israël par les activistes des factions palestiniennes armées. Dans les faits les quelques attaques perpétrées ont tué au total cinq civils et cinq soldats israéliens depuis le début de l'année 2008. Les attaques militaires israéliennes sur Gaza ont elles tué 312 Palestiniens, la plupart civils non armés, dont 44 enfants. "Une guerre est en cours, chaque jour, chaque nuit. Nous poursuivrons nos opérations avec sérénité et détermination", a déclaré le premier ministre israélien Ehoud Olmert. "Nous rendons plus difficile la vie quotidienne sur la Bande de Gaza, nous visons des éléments terroristes et nous essayons de montrer à la communauté internationale que nous épuisons toutes les options avant de décider d'une vaste opération", a affirmé pour sa part Ehud Barak, ministre israélien de la défense. Les deux dirigeants, et les médias occidentaux qui relaient avec empressement la propagande israélienne, oublient toutefois de préciser que les tirs de roquettes palestiniens font généralement suite à des bains de sang commis les jours précédents par Tsahal à Jénine, Gaza ou ailleurs. Ce fut notamment le cas en janvier 2008, juste après le départ de George W. Bush venu verser une larme au mémorial de l'holocauste à Jérusalem.
En réalité, pour tous les observateurs sincères, la transformation de la Bande de Gaza en une sorte de camp de concentration à ciel ouvert correspond à une stratégie d'isolement du Hamas. Dans ce que l'on peut qualifier en termes de droit international de Crime contre l'humanité, 1,5 million de palestiniens ont littéralement été pris en otage par l'Etat juif avec la complicité des grandes capitales occidentales, Washington et Paris en tête, afin d'isoler le mouvement islamiste. L'objectif de cette politique inhumaine d'enfermement et de restrictions est de rendre la vie invivable sur ce petit bout de territoire palestinien tout en rendant le Hamas responsable de la crise. La plupart des grands dirigeants occidentaux impliqués dans le processus de paix -- à commencer par George W. Bush et Nicolas Sarkozy habituellement plus rapide à condamner la moindre violation du Droit international ou des Droits de l'Homme lorsqu'il s'agit de pays arabo-musulmans -- se signalent quant à eux par un silence assourdissant. "Impuissants" devant la situation, ils se contentent de souhaiter la fin du conflit israélo-palestinien tout en soutenant activement la politique aussi improductive que destructrice de l'Etat juif qui n'a à l'évidence aucunement l'intention de créer les conditions de la paix au Proche-Orient.
Petite avancée toutefois, pour la première fois à tel niveau politico-diplomatique, le père Miguel d'Escoto Brockmann, Président de l'Assemblée Générale de l'ONU et personnalité morale reconnue dans le monde entier, a exprimé fin novembre sa honte sur "le plus grand échec de l'histoire des Nations Unies". Dans un discours prononcé à l'occasion de la journée de solidarité avec le peuple palestinien, il a évoqué la résolution 181 de l'ONU, adoptée en le 29 novembre 1947, qui prévoit le partage de la Palestine en deux États, un juif et un arabe. Il a rappelé que l'État d'Israël a été fondé un an plus tard et célèbre aujourd'hui en grande pompe ses 60 ans d'existence alors qu'il n'y a "toujours pas d'État palestinien à célébrer". Il a instamment demandé à la communauté internationale "d'élever la voix contre la punition collective du peuple de la bande de Gaza" et de "désamorcer l'impasse politique qui perpétue avec cynisme la haine, l'isolement et les abus". Il a en outre estimé très important que les Nations Unies, qui ont élaboré la Convention internationale contre le crime d'apartheid, appellent aujourd'hui les choses par leur nom et emploient désormais, comme ce fut le cas pour l'Afrique du Sud, le terme d'apartheid pour désigner le régime israélien.
La République des Lettres, dimanche 30 novembre 2008
Messages blog précédents
Si tu crois qu’un poète est un sculpteur de vers
Qui choisit sa matière au hasard du moment,
Et plus souvent l’or fin, tu as tout à l’envers :
Le poète est un chien signant ses excréments.
Si tu crois qu’un poète est un peintre d’oiseaux,
De fleurs et lieux communs, limité à ces thèmes
Pour mériter son titre, oublie les traits du zoo :
N’importe quel sujet peut sortir d’un poème.
Si tu crois qu’un poète est un pur musicien
Ecoutant chaque note et mesurant d’abord,
Prends garde à l’écrivain au pas de technicien :
Son pied chaussé de règle est pour ceux qu’il abhorre.
Peu importe la rime et le style employés,
La prosodie, l’école, il se situe lui-même
Et choisit sa contrainte afin de déployer
Son regard sur le monde à travers ses phonèmes.
Les mots plats, surannés : de charmant à joli,
N’ont pas lieu d’exister dans sa langue nouvelle,
Ni le terme vieillot, ni le verbe poli,
Car le poète invente au fond de sa poubelle.
Et s’il s’abaisse un jour à recevoir un prix,
A se voir décoré de fleurs et de ferraille,
C’est qu’il a faim d’amour, de pain. Ainsi flétrit
La couleur de son encre au soleil des médailles.
Pour ce frère impatient qui a reçu l’aumône
Des corrupteurs concours de banquiers rotariens,
D’autres, nus, versifient, continuent, s’époumonent
A défendre notre art, et ne cèderont rien !
Profession de foi suite à des prix cordialement refusés.
Y.Y. in Poèmes ignobles, contre une poésie de l’ennui et de la bienséance (La gouttière, 2005)
http://www.youlountas.net/spip.php?article79
En un temps où les mensonges accumulés deviennent le critère, et les décrets non-respectés le mode de vie, un arrêt s'impose pour passer en revue les traits composants la situation actuelle en Palestine, à l'occasion du 40e anniversaire de la guerre des six jours, juin 1967.
Avant d'aborder l'attitude des colonisateurs sionistes, à la lumière des fouilles archéologiques récentes, signalons d'abord le rôle des deux principaux pivots sur lesquels et grâce auxquels ces sionistes ont pu s'emparer d'une terre à laquelle ils n'ont aucun droit de tous les point de vues ! Ces principaux pivots sont : la politique américaine et la politique vaticane.
Je ne traiterai point ici le troisième principal pivot, à savoir : l'attitude des responsables arabes et musulmans, qui, n'étaient-ce leur concessions répétées, quel que soit le motif imposé par les politiciens occidentaux, et par là, leur traîtrise, il n'aurait jamais été possible à cette catastrophe inhumaine d'avoir lieu, ni à ce génocide d'être réalisé. Puisse les nouvelles découvertes dues aux fouilles archéologiques menées en Palestine et au Sinaï, lors de son occupation, qui changent catégoriquement la donne des événements, aider ceux qui auront le courage de reconsidérer la situation, dans son ensemble, à la lumière de ces nouvelles données...
Il n'est pas lieu d'aborder, ici, tous les mensonges sur lesquels s'élève la politique américaine, ni tous les décrets non-respectés, le long de sa courte existence sur terre, mais il suffit de signaler que tout son édifice et toute sa civilisation reposent sur une suite de génocides, de déracinement des habitants, de boucheries, de ruines, de colonisations, de manipulations médiatiques ainsi que de promesses jamais respectées... C'est la même politique qui se perpétue jusqu'à nos jours, à ne citer que les tout derniers : le massacre de Srebrenica, l'occupation insolente de l'Afghanistan et celle de l'Iraq. Occupation basée sur ce fameux mensonge du 11/09/2001, fomenté par leur propre main, pour se doter d'une légitimité internationale, afin de combattre l'Islam et les musulmans classés sous l'étiquette "axe du mal" ! Il suffit de passer en revue tous les ouvrages qui ont paru depuis, surtout à l'occasion du cinquième anniversaire de ce coup de théâtre...
De même, il n'est pas lieu d'étaler ici tous les mensonges sur lesquels s'élève l'institution vaticane, et tout ce qu'elle a commis de massacres, de génocides, de bûchers le long d'une vingtaine de siècles, pour imposer une religion basée sur des mensonges et des textes manipulés ... Il suffit de citer la fameuse réhabilitation des Juifs du meurtre déicide, au Concile Vatican II, en 1965, malgré une centaine d'accusations claires et nettes, qui se trouvent encore dans les quatre évangiles. Cette fausse réhabilitation a permis la reconnaissance d'un Etat bâtard, et l'imposition de cette reconnaissance à tous les pays qui refusaient d'admettre cette flagrante occupation. L'usurpation de la terre de Palestine, basée sur l'idée d' "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", n'aurait jamais pu voir le jour.
C'est ce que les colonisateurs sionistes sont en train de parachever, grâce à ce génocide qui se mène, au vu et au su de tout le monde, ou plutôt grâce au mutisme de tout le monde, habitué depuis quelques temps à laisser faire laisser passer, selon les deux poids deux mesures ! Ce n'est pas sans raison d'ailleurs que Libération du 15 mai qualifia le pape Benoît XVI de "menteurs professionnel", vu le nombre d'injustices perpétués par l'établissement qu'il préside, et le tas de mensonges qu'il couvre ou qu'il perpétue !
Des fouilles archéologiques qui changent catégoriquement la réalité de la situation
Il ne parait donc pas étrange que cet Etat bâtard dépasse, en arrogance, les deux bastions qui aidèrent à sa formation. Cependant, les fouilles archéologiques récentes, menées surtout le long de ces dernières décades, changent catégoriquement la réalité de la situation. Le 23/5/07 l'AFP signale que des soldats et des colons israéliens ont commis des "homicides illégaux" en toute impunité dans les territoires palestiniens, d'après Amnesty International, dans son rapport pour 2006 publié mercredi. "Les barrages installés par l'armée et les restrictions croissantes imposées par Israël à la liberté des Palestiniens, ainsi que la confiscation par Israël des droits de douane collectés au nom de l'autorité palestinienne, ont provoqué une détérioration importante des conditions de vie des Palestiniens des territoires occupés (...) la pauvreté, la dépendance à l'égard de l'aide alimentaire, les problèmes de santé et de chômage ont atteint un niveau critique". A la suite de cet accablant rapport, suit un commentaire proposant : "le retour dans les frontières de 1967, que le peuple élu ne doit pas à son impuissant dieu, mais à l'ONU" !
Ce qui veut dire : le prétendu prétexte disant que leur dieu leur accorda cette Terre est un leurre, un mensonge que tout le monde connaît, car en fait, ceux qui leur accordèrent vraiment cette terre usurpée c'est l'ONU, grâce à des mensonges accumulés ! Et lorsque cette organisation n'est pas arrivée à imposer son décret de reconnaissance des colonisateurs de la terre de Palestine à tous les pays, la politique américaine eut recours à son grand partenaire : le Vatican, qui ne tarda pas à créer cette infamie de réhabilitation du meurtre déicide, nonobstant toutes les malédictions proférées chaque messe du dimanche dans toutes les églises du monde !
Quant à ce qui ressort de tous les travaux de recherches, des livres ou des articles spécialisés, basés sur les fouilles archéologiques, il suffit de signaler un de ces principaux ouvrages : La Bible dévoilée (2002), d'Israël Finkelstein, directeur de l'Institut d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv, et Neil Silberman, directeur historique à l'"Ename Center for Archeology" de Belgique, qui co-signèrent la plus tonique et la plus audacieuse des synthèses sur la Bible et l'archéologie depuis cinquante ans. Ils puisèrent leurs arguments dans les découvertes les plus récentes, et aboutirent à une vision tout à fait différente sur l'histoire du peuple juif.
Une des premières rectifications, que plusieurs savants partagent dorénavant, c'est la mise en cause de la véracité de la Bible, qu'il n'est plus possible de considérer comme un livre d'histoire, mais un livre de propagande écrit pour des raisons politiques et théologiques post eventum, des récits de mémoire édifiés sur les ruines d'anciennes traditions.
La datation d'objets trouvés lors des fouilles montre inexorablement la non véracité de la Bible. Celle-ci n'est, en fait, qu'une reconstruction littéraire et politique en vue d'une implantation déterminée : "Ce sont des récits qui ont été cousus ensemble à partir des souvenirs, des débris d'anciennes coutumes, de légendes sur la naissance des différents peuples de la région et des préoccupations suscitées par les conflits contemporains", assurent les auteurs pour lesquels la Bible correspond à l'émergence du royaume de Juda (au Sud), comme puissance régional au VIIe siècle av. J.- C. Le royaume d'Israël (au Nord), passe sous la coupe de l'Assyrie voisine qui va amorcer son déclin. Ce qui mène à dire : " les deux parties n'ont jamais été unifiées et la grandeur antique d'Israël est une invention politique." !
C'est avec certitude que les auteurs ajoutent : "Il est aujourd'hui évident qu'un grand nombre d'évènements de l'histoire biblique ne se sont pas déroulés ni au lieu indiqué ni de la manière dont ils sont rapportées. Bien plus, certains épisodes les plus célèbres de la Bible n'ont tout simplement jamais eu lieu" ! Des conclusions qui bouleversent, certes, les anciennes visions de la Bible, et c'est ce qui permet de décrire la civilisation de l'Occident chrétien qu'elle s'élève sur des mensonges politiques et théologiques accumulés.
La question la plus importante qu'avancent les deux auteurs est la suivante : "Cela est susceptible d'ouvrir des horizons nouveaux, car les juifs ne sont plus en droit de prétendre que la Palestine leur appartient parce que conquise avec l'appui de Jéhovah. Certes, leurs ancêtres vivaient sur ces terres il y a plus de 3 000 ans, mais ils les partageaient avec les Cananéens, ancêtres des Palestiniens. De toute façon, les juifs ont perdu tout droit à l'exclusivité du fait de leur absence pendant 20 siècles." !
C'est la même idée qu'avait déjà présenté le père Jean Landouzie dans sa thèse de maîtrise, présentée à l'Institut théologique de Paris, publiée en 1978, ayant pour titre Le don de la Terre de Palestine. Thèse dans laquelle il prouve, textes en main, que les juifs n'ont aucun droit à cette terre. C'est la même idée qu'il avance dans son intervention au colloque Les Chrétiens du monde arabes, tenu à Paris en 1987 : "la position sioniste est donc de justifier l'existence de l'Etat d'Israël actuel par le fait que dans la Bible, la Terre de Palestine a été donnée par Dieu à Israël. Mais là où se pose le problème, c'est lorsqu'on veut entraîner le chrétien à faire la même affirmation au nom de la Bible ". Et d'ajouter un peu plus loin : "D'autre part, la réalisation de la promesse est conditionnelle. Il s'agit de vivre dans la fidélité à l'Alliance conclue entre Dieu et son peuple. La Terre sera retirée si le peuple est infidèle".
Eh bien, nul n'ignore, d'après la Bible, qu'ils ont trahi l'Alliance, retournèrent à l'adoration du Veau, au polythéisme et tuèrent les prophètes. Puis le père Landouzie ajoute : "La Terre de Palestine ne peut plus appartenir à un groupe d'homme au nom d'un décret divin quelconque, excluant une partie de sa population. La justice ne peut s'appliquer à un peuple au détriment d'un autre, au nom de principes religieux." Ce qui permet d'ajouter que les probes de parmi les ecclésiastiques se sentent gênés entre des textes clairs et nets, et l'enlisement de l'Eglise dans les mensonges politiques.
Dans un compte-rendu sur La Bible dévoilée, J.-P. Chavaz écrit : "Jusqu'aux années 70, l'archéologie en Terre sainte avait une idée fixe, mettre en évidence les preuves de la justesse des récits bibliques. Toutes ces recherches se sont soldées par des échecs ... les auteurs bibliques n'avaient-ils pas truffé leur récit de repères historiques, en l'occurrence de référence au Pharaon ou à tel évènement ? Mal leur en prit, car les nouvelles révélations de l'archéologie ont réduit à néant toutes les certitudes concernant le déroulement de l'histoire d'Israël ... Il semble ainsi que nombre de théologiens catholiques et protestants ont cessé depuis longtemps de considérer l'Ancien Testament comme un livre d'histoire ... Les auteurs du Deutéronome ne devaient certainement pas être inspirés par le Tout-Puissant ou alors ce dernier avait de sérieux trous de mémoire" !
Le N° 391 de la revue La Recherche, novembre 2005, comprend une rubrique de 29 pages, des articles écrits par des archéologues ayant participé à ces fouilles en Palestine et au Sinaï, et prouvent les mêmes révélations disant que l'Ancien Testament a été écrit pour un but de propagande politique et théologique... c'est un amalgame de récits et de documents écrits avec préméditation, bien après les évènements dont certains n'ont jamais eut lieu ! Autrement dit, les juifs n'ont pas le droit de s'approprier la terre de la Palestine.
Pierre de Miroschedji, archéologue, directeur du Centre de recherche français à Jérusalem, assure que les découvertes ont contredit les textes bibliques : "Ainsi, ce que la Bible présente comme une période de conquête de la Terre promise par les israélites apparaît aujourd'hui, à la lumière des découvertes archéologiques, comme une période de bouleversement politiques, économiques et sociaux ... Pour les périodes récentes, on est dans le domaine d'une histoire complètement réécrite dans une perspective idéologique... Il existe des preuves formelles, telle la stèle de Merenptah (-1210) qui contredit la Bible en indiquant que le peuple d'Israël a été détruit. Les archéologues ont prouvé que la conquête de la Terre promise par les Hébreux est une légende... Ces découvertes donnent une interprétation nouvelle aux textes bibliques qui font apparaître la conquête de la Terre promise comme l'écho lointain d'un phénomène historique de grande ampleur, qui a affecté l'ensemble du bassin oriental de la Méditerranée, et à force de réécriture au fil des siècles, à des fins politiques et religieuses, devient une sorte de saga hébraïque, un récit épique et légendaire".
La revue Historia, février 2005, renferme 42 pages ayant pour titre : La Bible à l'épreuve de l'Histoire. Quarante-deux pages de la lecture desquelles on sort avec les mêmes certitudes disant que la Bible a été écrite par une multitude de personnes, à des époques variées, qu'elle regroupe, remanie, reconstruit les faits qu'elle relate.
Dans un article intitulé : La Terre promise était acquise, l'historien Richard Lebeau révèle que le "Livre de Josué, qui raconte la naissance du peuple d'Israël et la conquête de Canaan est une véritable saga digne d'Hollywood !... Les historiens considèrent ces textes comme une légende tout simplement. Car durant cette période, Canaan était sous la tutelle des Egyptiens, qui avaient déjà affronté les Hittites. Leur courage est raconté partout sur les monuments. Comment peut-on donc dire que les Hébreux, après s'être enfouis d'Egypte, émigrèrent justement dans une contrée soumise aux égyptiens ?! Les fouilles archéologiques contredisent les récits du Livre de Josué ".
Un autre article, du même auteur, cite un exemple de ces falsifications bibliques avec le récit de la prise de Jéricho. D'après les fouilles, Jéricho n'était qu'un modeste petit village, sans fortifications, contrairement à ce que raconte la Bible, disant que Josué s'est servi de trompettes en cornes de béliers, dont le son est parvenu à faire écrouler les remparts de la cité. Ce qui n'a jamais eut lieu car il n'y avait point de remparts !
Ces quelques citations ne représentent point tout ce qui a été écrit durant les dernières décennies, assurant que les Juifs n'ont aucun droit sur cette terre de tous les points de vues, fussent-ils théologiques, juridiques, historiques ou archéologiques. Il n'est pas lieu de citer, ici, tous les ouvrages qui assurent ce non droit, qui les accusent de colonisation ou même d'arrogance !
Faire parvenir ces irréfutables nouvelles preuves à tous les honnêtes de la terre
Ce qui nous importe, ici, c'est de faire parvenir ces irréfutables nouvelles preuves à tous les honnêtes hommes de la terre, à tous ceux qui pourront prendre part à l'arrêt d'un génocide en cours, à l'arrêt d'une usurpation illégitime d'une terre qui revient en toutes lettres aux Palestiniens, à l'arrêt de la judaïsation de Jérusalem et de toute la Palestine. C'est surtout sous les yeux de ceux qui mènent l'injuste politique américaine et ses institutions, et sous les yeux de cet Occident chrétien et sa direction vaticane, qui fut une des causes directes de cette catastrophe, que nous plaçons ces nouvelles données. C'est pourquoi il est révoltant de voir le pape Benoît XVI s'exprimer, lors de la cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le 8 janvier 2007, dire : "Les Israéliens ont le droit de vivre en paix dans leur Etat ; les Palestiniens ont droit à une partie libre et souveraine ". C'est une honte de voir le plus haut représentant religieux bafouer la vérité avec une telle aisance, lui qui est censé bien connaître les Textes !
Ce que les sionistes ont fait et continue à faire ne peut être justifié sous n'importe quel prétexte. L'embargo économique et politique imposé par les Etats-Unis et l'Union européenne, depuis plus d'un an, parce que les Palestiniens on légitimement choisi les membres du Hamas comme représentants, vise à leur tordre le cou, à les contraindre à la misère et à les placer sous l'inhumaine merci des occupants.
Avancer le fait que les Juifs ont souffert à la Shoah et qu'ils ont le droit à une terre, n'est nullement une raison équitable ou honnête pour déraciner les Palestiniens et les extirper de leur terre pour se débarrasser d'un mea-culpa qui pèse sur la conscience européenne et dont les palestiniens ne sont point responsables... Continuer à maintenir ce glacial et implacable mutisme, face à un génocide qui se mène obstinément, ne porte atteinte qu'à ceux qui s'y complaisent dans cette machiavélique nonchalance !...
Zeinab Abdelaziz
Professeur émérite de civilisation française.
http://basta.20six.fr/basta/art/129823575 Palestinian Centre for Human Rights (PCHR)
Les conséquences du renforcement du siège imposé sur la bande de Gaza depuis 3 semaines
La centrale électrique a cessé toute activité par manque de fioul. Au cours des trois dernières semaines les Forces d'Occupation Israéliennes (FOI) n'ont autorisé l'entrée que de 1.721.610 litres de fioul qui ne permet à la centrale de fournir de l'électricité que pendant 5 jours.
La préoccupation première des 1.500.000 ressortissants de la bande de Gaza est d'avoir accès aux denrées de base : la nourriture, les médicaments, l'eau et l'électricité.
La majorité de la population manque d'eau potable
L'électricité (importée d'Israël et d'Egypte) est coupée de 8 à 12 heures par jour à plus de 100.000 foyers. Cette pénurie a des effets très dommageables sur les 500.000 étudiants stagiaires ou en cours d'examen
Pendant 5 jours l'UNRWA a du suspendre son programme d'aide humanitaire destinée aux 750.000 réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza.
Des milliers de civils doivent faire la queue pendant des heures pour acheter un peu de pain.
Ce sont 45 boulangeries qui ont été fermées à cause de la pénurie d'électricité et de gaz domestique. Elles constituent 75 % de la totalité des boulangeries de la bande de gaza. Les 18 boulangeries encore ouvertes doivent travailler au ralenti
Le poste frontière de Rafah International n'a été ouvert que 3 jours cette semaine pour laisser sortir 2.100 personnes pour la plupart des patients et des étudiants et laisser rentrer chez eux 780 autres.
Le poste frontière de Erez Beit Hanoun est resté fermé empêchant tout contact avec la Cisjordanie et Israël en matière de soins médicaux, de commerce ou de visites : Elles sont au moins 900 familles à n'avoir pas été autorisées à rendre visite aux leurs emprisonnés en Israël depuis le 6 juin 2007.
Les FOI ont imposé des restrictions supplémentaires aux diplomates internationaux, aux journalistes et aux organisations humanitaires internationales concernant leur accès à la bande de gaza. Parmi ces dernières, certaines d'entre elles sont interdites d'entrée.
Toujours concernant Erez Beit Hanoun : Les FOI ont encore abaissé la moyenne des patients autorisés à aller se faire soigner en Israël ou en Cisjordanie. La moyenne est de 17 par jour, soit une baisse de 15 % par rapport au 1ER trimestre 2008
D'une façon générale les conditions sanitaires se sont détériorées à cause des blocs opératoires ne pouvant plus fonctionner par manque d'électricité et à cause de 94 médicaments de base manquant. La vie d'au moins 30 tout jeunes bébés est menacée car leur temps de gestation a été réduit et des équipements appropriés, fonctionnant à l'électricité sont à l'arrêt Un patient est mort à un poste frontière parce que les FOI exigeaient de lui qu'il dénonce des gens en échange de sa sortie de Gaza pour aller se faire soigner à l'extérieur. Ainsi, le nombre des Palestiniens qui sont mort par refus des FOI de les laisser sortir ou par manque de médicaments s'élève à 47 dont 16 femmes et 10 enfants.
L'approvisionnement en carburants et en fiouls par le poste frontière de Naha Ouz a considérablement diminué : 19,6 % seulement des besoins journaliers pour la centrale électrique. Seulement 4,1 % des besoins en essences, 2,9 % des besoins en fioul pour le secteur économique et 4,8 % de gaz domestique.
Les postes frontière assurant le commerce entre la bande de Gaza et l'extérieur ont été fermé presque tous les jours de la semaine : seuls quelques approvisionnements d'aide humanitaire ont pu transiter par Al Mentar Karni et par Karm Abu Salam.
Alors que les accords d'Oslo ont fixé à 20 miles (37 km) la limite des eaux territoriales palestiniennes, les FOI arraisonnent systématiquement tout bateau s'éloignant de plus de 6 miles de la côte
La condition de vie de la population de la bande de Gaza s'est considérablement détériorée. Les chômeurs et ceux qui sont en dessous du seuil de pauvreté ne cessent de croître de façon inquiétante
Traduction : Jacques Salles jacques.salles@wanadoo.fr
http://basta.20six.fr/basta/art/129280479Rapport
Mechaal : Le silence face au crime du blocus est une honte
Khaled Michaal, président du bureau politique du mouvement du Hamas, a catégoriquement condamné le silence arabe et international tenu face à l’injuste blocus criminel imposé sur la bande de Gaza. Ce qui se passe à Gaza reste une honte pour ceux qui restent silencieux face au crime du blocus, dit-il.
En effet, dans le Forum arabo-internationale tenu pour discuter du droit au retour, dans la capitale syrienne, sur une période de deux jours, Mechaal s’est adressé aux Arabes, à tous les Arabes : « Ne laissez pas la mer pour les étrangers. Chaque pays arabe pourra envoyer un bateau vers Gaza ». Il a particulièrement critiqué l’autorité égyptienne pour son obstination à laisser le point de passage de Rafah fermé, sans faire attention aux souffrances des habitants de la bande de Gaza.
Quelles négociations !
Et pour ce qui est des négociations menées par l’autorité palestinienne de Ramallah et les autorités d’occupation israélienne, Mechaal les condamne également, surtout en ce temps de division qui déchire la scène palestinienne, surtout aussi parce que les négociateurs palestiniens ne sont pas capables et n’ont pas le droit de mener ces négociations.
Puis Mechaal a posé plusieurs questions. Pourquoi les négociations se sont arrêtées pendant cinq ans à l’époque du président palestinien défunt Yasser Arafat ? Pourquoi les négociations se sont arrêtées après la victoire du Hamas ? Cependant, pourquoi ont-elles repris après la division ? Pourquoi continuent-elles encore, en dépit de tous les obstacles israéliens ? Tout cela ne sème-t-il pas le doute que la division a été provoquée pour cacher ce qui se trame dans les coulisses des négociations ?
Ces négociations pourraient-elles continuer, si les Palestiniens insistent sur le droit au retour des réfugiés palestiniens ? continue Mechaal. Que signifie la continuation de ces négociations au moment où la bande de Gaza est sous blocus et où les arrestations n’ont pas l’air de s’arrêter ?
Pas de compensation financière
Tous les peuples ont le droit de vivre en paix et de résister lorsqu’ils sont sous une occupation. Et lorsqu’ils sont déportés de leurs territoires, ils gardent le droit d’y retourner. C’est un droit qui ne s’efface pas avec le temps. Le retour signifie le retour du réfugié palestinien dans sa ville, dans son village. La compensation n’annule en aucun cas ce droit. Puis les Palestiniens refusent l’idée d’une patrie remplaçante.
Toute personne qui marchande le droit au retour sera certainement de mèche avec tous ces projets destinés à installer les réfugiés palestiniens hors de leur patrie.
Ne laissez ce peuple palestinien se réfugier dans les pays scandinaves, comme c’est le cas pour le peuple iraqien, dit Mechaal.
Le dialogue
Le mouvement du Hamas avait salué l’effort égyptien destiné à réaliser et à faire réussir un dialogue palestino-palestinien. Cependant, nous avons appelé à la libération de nos détenus en Cisjordanie ; mais la Cisjordanie a connu une escalade des arrestations menées contre les membres du mouvement du Hamas, dit-il.
Le mouvement du Hamas a refusé de donner au négociateur palestinien un chèque blanc et le droit de prolonger l’accalmie dans la bande de Gaza. Il a également appelé à ce que tout le monde soit traité sur le même niveau. La Cisjordanie et la bande de Gaza doivent être réunies sur la stratégie de la résistance et non des négociations, confirme Mechaal.
Le mouvement du Fatah
« Je jure que le Hamas n’a aucun problème avec vous. Nous sommes en contradiction avec cette tendance qui avait laissé tomber le fusil, l’acte de l’OLP, les territoires et la ville d’Al-Quds, qui avait encerclé Arafat, en pratiquant contre lui un coup d’Etat, qui pourchasse la résistance », a dit Khaled Mechaal, président du bureau politique du mouvement du Hamas, s’adressant aux membres du mouvement du Fatah.
Les Arabes doivent bien étudier les nouveaux changements, sans se précipiter à offrir de nouvelles initiatives.
« Les nôtres, à l’intérieur de la patrie, ont leur béni projet, le projet de la résistance et de l’endurance ; et nous, à l’extérieur, nous travaillons pour que le monde entier connaisse notre droit au retour », a-t-il enfin dit.
Notons aussi que des milliers de personnalités sont arrivées de partout dans le monde dans la capitale syrienne Damas pour participer au Forum arabo-international pour soutenir le droit au retour. Plusieurs parlementaires européens font partie de ces participants.
Ce forum est tenu dans des jours qui s’approchent du 29 novembre, le jour mondial de solidarité avec le peuple palestinien. Il est également organisé soixante ans après la publication de la décision de l’Assemblée Générale n°194, assurant aux réfugiés palestiniens le droit au retour avec toutes les compensations qui vont avec.
| Source : CPI http://www.palestine-info.cc/... |

Souffre depuis longtemps
Elle souffre de l'occupation, de la guerre
De la violence, de l'agression
Mais surtout de l'injustice.
Nous vivons une situation dure
Sur notre propre terre
A cause de l'occupation et de ses mesures
Contre notre terre et notre mer
Une occupation qui déteste la vie et la lumière.
Malgré nos difficultés et notre misère
En dépit de nos malheurs
Nous n'avons qu'un choix
Résister sur notre terre
La terre sacrée de Palestine.
Nous restons dans notre pays
Pour observer les étoiles avec nos enfants
Pour chanter l'amour avec nos oiseaux
Pour agrandir les arbres avec nos paysans
Pour protéger le ciel avec nos colombes.
Nous restons en Palestine
Et nous résistons en Palestine
Car nous aimons notre patrie
Et le soleil de notre pays.
Nous cultivons l'espoir avant la terre
Nous bâtissons la paix avant nos maisons
Nous semons les espérances avant nos arbres.
Sous le ciel sombre de la Palestine, nous restons
Sur la terre blessée de la Palestine, nous résistons
Avec nos enfants héros, nous vivons.
Nous restons ici
Nous vivons ici
Nous résistons ici
Et nous mourons ici.
Nous sommes un peuple en résistance